samedi 4 février 2012

Watchmen, film et comic


Certaines oeuvres marquent leur temps d'une empreinte indélébile, tel est le cas de Watchmen, comics célébrissime entre tous, réalisé par Alan Moore et Dave Gibbons entre 1986 et 1987. Les prix affluèrent lors de la parution, et Watchmen fut le premier comics à recevoir le prestigieux prix Hugo qui continue de nos jours à récompenser les meilleures oeuvres de science-fiction. A travers une uchronie prenant racine en pleine guerre froide, Alan Moore et Dave Gibbons mettaient en scène une bande de justiciers masqués , communément appelés super-héros mais dénués de tout pouvoir surhumain, à l'exception du Docteur Manhattan, véritable entité semi-divine. La loi Keene les a forcé à se ranger et à dévoiler leur identité, seul Rorshach a décidé de persévérer dans l'illégalité tandis que le comédien a conservé l'anonymat en travaillant pour le gouvernement américain. Cette bande de justiciers à la retraite, pour la plupart, n'est que la seconde génération d'un mouvement vieux d'une vingtaine d'années, mais leur organisation n'étant plus adaptée au monde actuel et au crime organisé, elle n'a fait que péricliter au fil du temps. Ainsi, en pleine guerre froide, le comédien est assassiné ; Docteur Manhattan s'exile sur Mars après avoir été accusé de provoquer le cancer chez ses proches. Rorshach mène alors l'enquête, voyant dans ces disparitions des super-héros un tueur de masques, alors que l'Amérique, privée de son arme ultime – Docteur Manhattan -, voit le spectre de la Troisième Guerre Mondiale se matérialiser dangereusement.



La version définitive de Watchmen est relativement dense, elle se compose de 12 volumes de 28 pages chacun, sans compter quatre pages d'interludes entre chaque épisode qui, à travers divers témoignages ou coupures de presses fictifs, contribuent à crédibiliser ce monde uchronique. Cet univers alternatif possède donc une forte identité, évidemment axée sur ses relations avec le monde des minutemen et leurs successeurs, tissée sans relâche au fil de l'ouvrage. Cette densité « historique » en un sens, s'allie à des dimension psychologique et narrative extrêmement poussées qui surent conquérir la critique et les lecteurs. On pourrait résumer la chose en affirmant que les codes de la bande dessinée sont ici poussés à leur paroxysme, où la narration s'imbrique et se dilue dans plusieurs plans qui assurent de multiples niveaux de lectures.

C'est pourquoi lorsque Zack Snyder, avec comme carte de visite les adaptations de 300 et Sin City, décide de porter Watchmen à l'écran, des craintes légitimes peuvent apparaître dans le camp des amateurs de l'oeuvre de Moore et Gibbons. Si la question de la métamorphose de l'oeuvre lorsqu'elle outrepasse son média original survient en premier, une seconde se pose juste après. Comment restituer à l'écran, avec tout le respect possible, la profondeur magistrale du comics ? Quels moyens utiliser pour retranscrire sur un média différent les astuces narratives qui confèrent son statut d'oeuvre culte au comics ? Mais surtout, était-ce possible ? Telles sont les questions auxquelles Zack Snyder se devait de répondre.

Le film débute sur une présentation succincte du contexte : on comprend que la guerre froide bat son plein, mais que le Docteur Manhattan est un rempart inébranlable contre l'armée rouge. L'entame est suivie de près par un générique assez longuet et punchy (je reviendrai sur la bande son plus tard), qui tente de présenter en quelques images le destin de la première génération des minutemen. Ce passage parle évidemment aux spectateurs avertis, mais je doute que le néophyte y capte grand chose. On assiste ensuite à l'entrée en matière à proprement parler, qui nous relate l'épisode de la découverte du cadavre du Comédien, comme dans le comics. D'ailleurs, et on s'en apercevra très rapidement, tout le long-métrage ou presque respectera à la lettre l'oeuvre originale dans le déroulement de la trame.

Ce qui saute rapidement aux yeux, c'est la volonté de respecter la trame d'origine. A l'exception de l'introduction qui présente plus clairement la situation que dans le comics, le film opte pour un déroulement pratiquement identique à ce qu'ont réalisé Moore et Gibbons, aux dialogues près par moments. Certains ajustements sont bien entendu de mise, comme par exemple quelques raccords entre différentes parties pour les fondre en une seule et unique afin de ne pas défigurer l'histoire de base. D'autres passages, comme celui si contesté car non compris de la bande dessinée parallèle – à la fois hommage à Max Shea, aux comics de pirates, et élément aux multiples niveaux de lecture – ont carrément été zappé. Si le fan pourra être déçu de ce parti pris (le fan exige souvent l'impossible, donc le meilleur), nul doute que le public néophyte y gagnera en compréhension. On déplorera également la perte de la déchéance des justiciers masqués au fil du temps, confrontés à un monde en évolution, où s'ancrait une analyse des super-héros de l'âge d'or et de leurs successeurs à l'âge d'argent. De fait, pour l'amateur de la première ou de la deuxième heure, le film a des allures de déjà-vu (je conçois que ce soit logique) et l'enchainement semble extrêmement rapide, à l'encontre même du comics qui prenait un temps incroyable à dévoiler ses cartes. Une des conséquences se manifestant dans l'absence de passages alternant différentes scènes (Dreidberg et Juspeczyk marchant dans la rue, en parallèle la première conquête de Docteur Manhattan interviewée, si mes souvenirs sont bons) qui ôte au film la dimension psychologique poussée à un niveau extrême dans le comics, de même que la disparition des idées de l'auteur et du niveau de lecture. Quant à la conservation de certaines scènes « de classe », telle que l'adieu aux serviteurs d'Ozymandias lors du dénouement, elles ne possèdent pas le même cachet en raison des brièvetés des scènes auxquelles il manque des longueurs pour livrer tout leur nectar. La synthèse de ces scènes ne rend pas hommage au génie narratif des auteurs, à ce sentiment d'horlogerie savamment orchestrée, et, il fallait s'y attendre, aucun palliatif ne vient combler la brèche. Quant au noeud gordien final, il importe finalement peu qu'il diffère du comics ; à vrai dire il se tient assez bien et montre en ce sens que les scénaristes hollywoodiens ont bien intégré l'histoire. J'ai pourtant trouvé ce remaniement moins dantesque que l'original.

Notons également la présence des scènes de baston, plus nombreuses et plus spectaculaires que Moore et Gibbons l'avaient voulu. Le tape à l'oeil est de mise avec la combinaison des combats qui évoquent les techniques du Dark Knight, et des ennemis qui virevoltent sous les coups et des ralentis qui rappellent Matrix.


Les personnages eux aussi apparaissent transformés. Si en surface ils semblent identiques à leurs homologues papier, on constatera au long du film qu'aucun ne possède véritablement l'essence de l'original, ce qu'un jeu d'acteurs très pauvre ne parviendra pas à relever (mention spéciale à l'huître féminine qui incarne Laurie Juspeczyk). Il faudra noter que beaucoup des personnages secondaires sont reconnaissables, à l'instar du journaliste qui interviewe Docteur Manhattan avant qu'il ne s'exile.

  • Le personnage de Rorschach m'a vraiment choqué. L'image que je me faisais de lui, image exacerbée lorsqu'il porte son masque, est celle d'un homme révolté et puissant mais disposant d'un énorme self-contrôle qui lui confère calme et dignité. Rien qu'à travers sa voix, le film le transforme en sorte de bête enragée, où l'instinct belliqueux n'est plus régi par une discipline mentale en acier ; on le sent au contraire soumis à ses pulsions telle une bête enragée. Sûrement la plus grande déception de ce film ;
  • Le Docteur Manhattan est lui présenté trop condescendant. Dans l'idée il n'est pas impossible qu'une entité supérieure évoluant parmi de simples mortels adopte cette attitude, mais le semi-divin lapis-lazuli d'origine évoque beaucoup plus un demi-dieu froid, lointain et inflexible. La remarque d'Ozymandias (dans le film) lorsqu'il évoquera les émotions du Docteur Manhattan vaut paradoxalement davantage pour le personnage du comics ;
  • Le Comédien pourrait sembler très proche de son modèle, pourtant certaines dissemblances l'en éloignent. On le sent moins bourru et plus affable, il cache moins bien son humanité derrière un mépris moins convaincant, et son goût pour la farce n'est pas porté à son paroxysme ;
  • L'émule d'Alexandre le Grand est lui aussi surprenante. Si dans le comics Ozymandias apparait comme un homme viril et athlétique, le film le métamorphose en blondinet presque gringalet et bercé d'arrogance ;
  • Laurie Juspeczyk apparait à certains moments comme une grande adolescente et n'est clairement pas servie par Malin Akerman ;
  • Finalement c'est Dan Dreidberg qui colle au plus près de son modèle.

 



Mais que serait Watchmen sans la patte graphique de Dave Gibbons, si sujette à débats, avec ses couleurs bigarrées et tranchées combinées à un aspect très géométrique, très carré ? Il n'était évidemment pas question de reproduire les alternances de couleur d'une scène à l'autre, comme l'a fait Gibbons, mais globalement cette Amérique uchronique se rapproche visuellement de son modèle original. Les costumes des justiciers, s'ils restent dans la même veine, se voient modernisés et perdent au passage l'aspect kitsch du comics que j'aime bien. Et ceux des personnages féminins perdent aussi de la matière, dévoilant davantage les charmes des dames quitte à verser dans le vulgaire (portes-jarretelles et jupes plus légèrement courtes ; déjà que c'était peu chaste à la base...).

Quant à la bande son, elle dissone clairement de la sobriété, voire de l'austérité, du comics. Son soutien transforme le ton original. La scène de l'enterrement du comédien en fournit un bon exemple. Alors que dans le comics ce moment est propice à la nostalgie et au recueillement (et à une pichenette anti-américaine), le film en fait une scène presque remplie d'allégresse à l'aide d'un titre – remixé – dont le nom ne me revient pas.


L'impression globale qui ressort du film est la volonté de respecter l'oeuvre originale, que l'on retrouve à beaucoup de niveaux. Mais en grattant la surface, on s'aperçoit que la transposition pure et simple des événements ne parvient pas à rendre l'essence si concentrée du comics. Là où Moore et Gibbons avaient pris le parti de présenter toute une mécanique de subtilité assimilable à une certaine froideur, le film, de par ses contraintes avant tout mais aussi du choix de la mise en scène et des intervenants, outrepasse justement cette pudeur, tant narrative que psychologique, certainement dans une optique de divertissement accessible au plus grand nombre. Watchmen se voit donc vidé d'une grande part de sa substance, Snyder se concentrant majoritairement sur le visible et le palpable, enrobant le tout dans un bonbon très hollywoodien. Soit que le réalisateur américain n'a pas eu l'envie de réaliser une adaptation digne de ce nom, soit qu'il s'est vu de suite submergé par l'ampleur de la tâche. Mais qu'on ne se méprenne pas, le film n'est pas mauvais en lui-même ; on se surprend à se prendre au jeu quitte à voir le soufflet retomber peu après : seulement Watchmen ne resplendit pas.

Je me demande si une série TV n'aurait pas été un format plus adapté...




L'article de Spooky sur le film, et un joli dossier sur Watchmen avec Plan 9.

17 commentaires:

  1. C'est marrant, je l'ai revu pas plus tard que hier soir le film ^^
    J'avoue que je m'ennuie un peu devant aussi, esthétiquement il est très beau certes, et l'adaptation est fidèle (autant que faire se peut au cinéma), mais pour moi elle colle tellement au comic que du coup le film n'apporte pas grand chose à ceux qui connaissent l'oeuvre d'origine.

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    1. Oui je pense exactement la même chose, je ne vois pas l'utilité d'avoir réalisé cette adaptation, à part de basses raisons financières.

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  2. Ben si, quand même, ça permet de faire connaître cette oeuvre mythique à une plus large audience. Alors certes, le film n'a pas le même impact que le comics, mais ça reste fondamentalement différent des autres films de super héros, avec des problématiques non traitées ailleurs (ou alors très rapidement survolées)...

    Pour la scène de l'enterrement du Comédien, il me semble que c'est la chanson "The sound of silence" de Simon & Garfunkel qui a été utilisé, mais pas de remix à l'horizon... Par ailleurs, j'ai trouvé cette scène très réussie, alors qu'elle aurait pu sombrer dans un pathos primaire.

    Je trouve le film réussi. Il est d'ailleurs difficile de lui reprocher certains manques par rapport au comics. Il dure déjà plus de 2h30, le rallonger aurait risquer de le rendre carrément indigeste...
    Le Conte du pirate noir, oeuvre dans l'oeuvre dans le comics, est dispo à part du film, avec une sort de faux documentaire : http://www.scifi-universe.com/critiques/edition-22089-23402-41-watchmen-les-contes-du-vaisseau-noir.htm Bon ok, c'est vraiment séparé du film, mais ça le mérite d'exister...

    Au passage, très bon article ! ;)

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    1. Merci. Je ne connaissais pas les extras, je vais voir pour me les procurer.

      Quant à la durée du film c'est vrai qu'il est relativement long vis à vis d'autres films et adaptations, il n'empêche que je trouve ça trop court pour rendre un réel hommage au comics.

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  3. C'est vrai que faire deux films au lieu d'un seul, ça aurait pu donner quelque chose de plus complet. Mais les voies (et les budgets...) d'Hollywood sont impénétrables... ^^

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    1. Oui c'est sûr. Et de manière générale, je pense que faire des mini-séries à la Band of Brothers permettrait de mieux rendre hommage à ce genre de format (mini-épisodes).

      Prochaine étape : relire tout V pour Vendetta puis m'enfiler le film :D

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  4. Je plussoie, le format mini-série aurait été plus intéressant...

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  5. Salut GiZeus,

    juste quelques précisions, rien de bien méchant, concernant ton article :

    - Sin City n'est pas réalisé par Z. Snyder mais par Robert Rodriguez et Frank Miller (+ une participation de Tarantino). Watchmen est le troisième long métrage studio de Snyder, après L'Armée des Morts et 300.
    - Tu parles du dessin et des couleurs controversées de Dave Gibbons sur le comic d'origine, et si Gibbons a bien sûr été impliqué dans la colorisation, le coloriste attitré du comic était John Higgins. À noter pour la petite histoire que Higgins est le seul des trois créateurs d'origine (avec Moore et Gibbons donc) à rempiler sur la suite-préquelle annoncée en ce début d'année 2012 par DC Comics. Il me semble qu'il interviendra sur 2 des mini-séries programmées.
    - Je confirme ce que dis Lorhkan à propos de l'enterrement du Comédien, il se fait sur The Sound of Silence de Simon & Garfunkel, et de mémoire il me semble que c'est la version d'origine du duo, pas d'un remix.

    Voilà pour mes petits chipotages... désolé :)


    Sinon pour ma part je serai moins sévère que toi, j'ai plutôt apprécié (tout en étant un grand fan de Moore et admirateur du comic d'origine) ce qu'en a fait Snyder. C'est toujours un peu la quadrature du cercle avec les adaptations : quand c'est trop fidèle on entend les critiques qui disent "ça n'apporte rien, c'est du décalquage, etc...", quand ça s'éloigne trop on fustige le réalisateur pour ne pas assez respecter l'oeuvre d'origine. D'ailleurs même dans ta critique on devine ce reproche à double-tranchant : il y a des choses qui manquent ou ne correspondent pas et tu trouves cela dommage, tout en disant que l'adaptation est un peu inutile puisque ça n'apporte rien à l'oeuvre d'origine. Je comprends bien tes réserves, les ai déjà entendues souvent, et en partage certaines, mais je ne peux pas m'empêcher de trouver cela un peu dur, et pour tout dire presque injuste devant les efforts de fidélité et de cohérence qui à mes yeux sont des signes de respect envers le matériau d'origine. J'étais à ce titre bluffé de voir à l'écran certains passages (et qui plus est convaincants) que je pensais inadaptables, et paradoxalement presque soulagé devant la fin "modifiée" du film (plus "raisonnable" cinématographiquement et scénaristiquement parlant que celle du comic).

    Bien sûr le film n'est pas exempt de défauts, tu en as souligné certains. Je ne partage pas ton avis sur l'interprétation, j'ai trouvé la quasi-totalité des acteurs bien "dans les clous", et contrairement à ton ressenti, Rorshach correspondait vraiment bien à l'image mentale que j'avais de lui en lisant le comic par exemple. Idem pour Doc Manhattan et mention spéciale au Hibou. Là où je suis plus réservé c'est certains choix musicaux... J'adule littéralement Leonard Cohen qui est à mes yeux (et à mes oreilles) l'artiste ultime. Mais la scène de sexe entre le Spectre Soyeux et le Hibou sur fond de Hallelujah, désolé je peux pas !! ça donne un résultat qui donne envie de se marrer plus qu'autre chose, malgré toute la classe de Cohen et les courbes affriolantes de miss Akerman, et ça pour moi c'est la preuve flagrante d'un ratage...

    Bon bref, je vais m'arrêter là, mais il y aurait encore tant à dire sur cette adaptation... Merci pour ton article qui aura permis de débattre un peu de tout cela !

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    1. Salut Stéph, et merci pour tes "chipotages" intéressants et ta réaction tout aussi intéressante. Je crois me souvenir que tu es en effet un assez grand admirateur d'Alan Moore. D'ailleurs je n'étais pas au courant pour la préquelle, je suppose que ça traitera des minutemen ?

      Je comprends ce que tu veux dire à propos du jugement de l'adaptation. Même si je ne l'ai pas tellement mis en avant (tout simplement parce que quand on est embarqué dans la rédaction on a la tête dans le guidon et qu'on pense avoir suffisamment dit certaines choses), on sent que le film se veut respectueux vis à vis de l'oeuvre originale. C'est pourtant sur le ressenti pur que tout cela a joué (la représentation des personnages entre autres, que j'imaginais plus froids dans le comics). Et malgré ça je ne peux m'empêcher de penser que Watchmen a été amputé, et non pas dénaturé comme cela aurait été le cas s'il y n'y avait pas eu ce respect palpable. Peut-être qu'en effet, déconnecté du comics, le film m'aurait semblé meilleur.

      Ce qui me dérange surtout dans tout ça, parce que je pense qu'on peut rendre un hommage vibrant à watchmen et à d'autres ouvrages, c'est la volonté absolue de porter sur grand écran ces oeuvres originales, alors que le format ne permet pas de recevoir la totalité de l'oeuvre (temporellement parlant). Certes le cinéma fait rêver, mais d'autres moyens me semblent plus appropriés.

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    2. Terry Gilliam, un moment pressenti pour réaliser ce film, dans les 90s si je me souviens bien, en était lui aussi venu à la conclusion qu'une courte série conviendrait mieux. À noter que l'édition blue-ray collector US du film présente 1 heure de plus par rapport à la version sortie en salles mais comme je ne l'ai pas vue je ne pourrais pas te dire ce qu'elle vaut...

      Quant à la préquelle, tu trouveras quelques infos ici :
      http://www.comicsblog.fr/11354-DC_officialise_Watchmen_2_le_renomme_et_annonce_ses_artistes

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    3. Merci pour ces infos Guilhem. J'ai été voir pour la préquelle, et mine de rien tout ça aiguise mes papilles ! Certainement que la dernière couverture n'y est pas pour rien...
      http://www.comicsblog.fr/images/editeur/Admin/1328041553.jpg

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    4. Ah ben Guilhem m'a devancé pour la réponse à ta question sur les préquelles. Oui il y aura une mini-série sur les Minutemen, ainsi qu'une consacrée à chaque personnage des Watchmen.
      Sans être un intégriste de l'oeuvre, j'ai toujours pensé qu'il valait mieux en rester au comic d'origine plutôt que de le reprendre et d'en faire n'importe quoi parce que le nom est porteur.
      Cela dit je dois bien avouer que DC a mis les petits plats dans les grands, et que les artistes annoncés sur ces mini-séries font vraiment envie. Rien que graphiquement, tous les dessinateurs annoncés sont des pointures (un tout petit bémol sur Amanda Conner, un ton en-dessous des autres). Scénaristiquement certains vont regretter la présence de JM Straczynski mais moi qui ai tjrs apprécié son boulot j'en suis content.
      Du coup je suis comme toi : très curieux de découvrir le résultat !

      Est-ce que le format série télé aurait mieux collé à l'esprit de Watchmen ? certainement que oui si on prend en compte le fait qu'il y aurait eu plus de "place" pour bien traiter chaque partie du scénario (pour mémoire, Watchmen n'est pas paru tel qu'on le connaît aujourd'hui en un gros pavé, mais bien par épisodes d'un peu plus de 20 pages comme l'immense majorité des comics de super-héros, donc le "découpage" en épisodes aurait été tout à fait cohérent sur petit écran).
      Mais il aurait fallu clairement en faire une mini-série limitée, et si possible sur une seule saison pour éviter les risques d'annulation d'une saison à l'autre (déjà qu'en ce moment les chaînes télé sabrent certaines séries en cours de saison...), et il aurait également fallu qu'une chaîne accepte de miser là-dessus un paquet de dollars (pour ne pas tomber dans l'adaptation pleine de bonnes intentions mais fauchée comme les blés) ce qui se fait de plus en plus rare aussi. Ces dernières années, crise oblige et diktat de la sacro-sainte audience, les chaînes ont de plus en plus tendance à privilégier les saisons "courtes" de 6 à 12 épisodes pour tester les nouvelles séries et limiter les dépenses si elles n'accrochent pas tout de suite les millions de téléspectateurs. Ce qui laisse peu de temps et de place aussi pour bien s'installer à un nouveau show... Mais bon, tout cela ne restera que conjectures...

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    5. EN effet, on en revient toujours à l'argent...
      Concernant le format, j'aurais bien vu un épisode de 20-25 minutes par chapitre, ça aurait déjà couvert pas mal de l'oeuvre. Le problème par contre de la mini-série, je m'en aperçois maintenant, c'est que si elle décolle généralement les chaînes sont tentées d'en faire une suite. Et inventer une suite à Watchmen, qui s'y risquerait ?

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  6. Moore y aurait songé il y a une dizaine d'années parait-il mais ça n'a rien donné, ce qui conforte dans l'idée qu'il vaut mieux éviter...

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  8. Robert Rodriguez a réalisé Sin City

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